~ Le Semer ~

~ Le Semer ~
...

Je voudrais pouvoir tuer cet amour, lui régler son compte une bonne fois pour toutes et ne plus en entendre parler. Je voudrais lui tordre le cou et lui cracher au visage mais rien n'y fait ; L'Amour Impossible serait-il devenu mon credo que je n'en serais pas étonnée... Je voudrais pouvoir le faire taire ou du moins ne plus l'entendre me rappeler à lui à chacune de mes hésitations. Je voudrais pouvoir le semer et ne plus jamais entendre les soubresauts de ses pas lors de mes ballades nocturnes. Je voudrais tellement être capable de le regarder en face et de ne plus rien ressentir lorsque ses mains cherchent les miennes. Je voudrais tout simplement ne plus penser à lui lorsque les pensées d'un autre se font miennes. Je voudrais ne plus l'occulter mais m'en acquitter. Rien n'y fait ; je suis toujours irrémédiablement amoureuse à tel point que çà en devient maladif, ridicule, subversif. Je ne pleure que pour lui et qu'à cause de lui, cela est un signe irréfutable d'un attachement duquel je voudrais tant pouvoir m'affranchir... J'en suis imprégnée et je ne peux malheureusement m'en débarrasser. J'ai beau y consacrer toute mon énergie, l'ombre de cet amour n'a de cesse de me poursuivre dans le labyrinthe que j'ai tenté de construire pour mieux le semer. Il me tient par la main et m'enserre pour que je ne puisse me dérober. Les autres peuvent essayer de me sauver, en vain, il a toujours le dernier mot. La résignation de l'être est alors la seule issue possible, j'en ai bien peur [...].

Undomielfe*
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# Posté le samedi 03 octobre 2009 18:29

~ Responsabilities ~

~ Responsabilities ~
iii

Se sentir responsable suffit-il à le devenir ? Être responsable de quelqu'un est-il une preuve de notre bonne responsabilité personnelle ? Si je me sens responsable d'une situation donnée ou d'un acte accompli, en suis-je pour autant l'élément déclencheur et dois-je vraiment m'y associer ? Je me pose aujourd'hui toutes ces questions car les réponses qui devraient en découler sont difficiles à trouver. En réalité, tout est parti d'un nom sur une boîte aux lettres [...]. Imaginez-vous à l'âge de 18-20 ans ; vous commencez tout juste votre émancipation familiale ou affranchissement filial (au choix), vous êtes sur le seuil d'une porte que vous voulez refermer mais pas cadenasser. Devant vous, d'autres portes, d'autres chemins, d'autres horizons mais pour seul compagne la solitude. A cet âge là, rien ne vous rebute et vous décidez d'avancer vers ces autres sentiers. Après plusieurs hésitations quant au choix de votre lieu de vie, vous établissez un tracé adroit mais encore fragile de votre espace personnel. [Je tiens à ce qualificatif de fragile car si les limites qui bornent votre espace vital sont correctement dessinées, elles peuvent cependant et à tout moment être mises en péril par l'entrée d'une personne sur votre territoire. Certes, cette personne peut avoir un statut d'invité et être là pour vous soutenir dans ce nouveau départ mais elle peut aussi se révéler être dangereuse dans le sens où sonhistoire personnelle l'accompagne et peut flouter vos repères et donc votre bien-être]. A ce stade, vous vous sentez plus libre et des ailes commencent même à se dévoiler le long de votre colonne vertébrale. Rien de plus normal que de faire savoir à tous ceux qui vous entourent que vous êtes en train de créer voire de façonner votre espace personnel pour y évoluer sereinement et avec la plus grande application. Selon moi, c'est à ce moment précis que naissent entre vos mains les premières responsabilités qui feront de vous un être autonome et exempt de toute entrave liberticide. Ni une, ni deux, vous vous lancez dans le choix de la disposition de vos meubles, dans une décoration des plus soignée, dans une sélection avertie de couleurs et de formes qui vous reflètent et rendent votre espace plus à l'écoute de vous-même. Mais cela n'est qu'un début. Désormais, vous êtes de ceux du groupe des indépendants et vous en êtes fier. Oui vous aimeriez le crier sur tous les toits en vous présentant comme celui qui s'est détaché de ses chaînes sans pour autant citer les noms de ceux qui ont participé à votre délivrance. Car quoique l'on en dise, rares sont les cas où cette émancipation se fait en un tour de main et sans aide extérieure. Après cet aménagement de votre lieu de vie, il vous reste néanmoins une petite étape. Afin de signifier au monde que vous avez changé de seuil, de porte, de chemin, d'horizon, il faut l'écrire, le marquer de manière à ce que votre nouvel habitat soit connu et reconnu de tous. Rien de mieux que d'exposer votre nom et prénom aux yeux de tous ; pourquoi pas à l'entrée de votre seuil ? Mais pourquoi pas non plus sur le tableau où figure la liste des noms de vos voisins tout près de l'interphone ? Pourquoi pas non plus sur votre boîte aux lettres ? Oui pourquoi ne pas crayonner les lettres qui sont les vôtres sur un fond blanc applicable sur cette boîte exclusive où seront enfermés une partie de vos secrets ? Des secrets dont vous serez le détenteur et à qui vous serez associé ; plus que çà vous en serez responsable car les secrets attirent et sont souvent très convoités. Ces derniers demandent une surveillance des plus assidues et qui serait assez fou pour laisser quelqu'un s'approcher de la boîte de Pandore dans laquelle ils demeurent ? Après avoir aménagé avec la plus grande précaution votre intérieur, laisseriez-vous une personne autre que vous inscrire votre nom sur cette boîte si personnelle ? Ne serait-ce pas là une preuve d'irresponsabilité que d'autoriser quelqu'un à participer à votre émancipation ? Y'aurait-il dans ces cas là une réelle émancipation ? Ne devrait-on pas considérer cet acte comme une manifestation d'une envie délibérée de s'émanciper à travers l'autre pour la personne qui aurait orthographié et couché notre nom sur la fameuse boîte à secrets ..?

Undomielfe*
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# Posté le lundi 21 septembre 2009 09:25

~ Mal d'amour (?) ~

~ Mal d'amour (?) ~
iii


Véritables menteurs ambulants incompris
Mes yeux se sont perdus pour mieux semer les tiens
Ils comptent les heures d'un monde trop aigri
Aux allées défendues de tout rêve aoûtien


Sous mes cils aux couleurs délavées et trompeuses
Se complaît le réel qui s'amuse de moi
Insoumis aux ardeurs de mes lèvres danseuses
D'un air sempiternel faussement maladroit


J'ai beau chercher mon c½ur pour t'en donner un bout
Mes doigts n'en caressent que l'empreinte oubliée
Devenu baroudeur au futur sans le sou
Celui-ci en liesse a rendu son tablier


Paré d'habits voleurs, tes baisers ont prit l'eau
Effet d'aubaine pour les miens trop libertaires
Ils voguent sur tes pleurs sans cap, ni matelots
Fuyant le mal d'amour, persistant locataire...


Undomielfe*
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# Posté le mardi 01 septembre 2009 06:27

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 07:12

~ Lack of YOU ~

~ Lack of YOU ~
...
Je me sens lourde et complètement déboussolée. Le goût de vivre s'est enfuit en me laissant face à mes vieux démons, seule. Les retrouvailles familiales me font plaisir mais ne parviennent pas à dissiper le manque qui me ronge au fil des heures. Je me sens frêle et vulnérable telle une feuille d'automne en chute libre car rougie par le temps de saison. Rougie moi aussi par le manque certainement mais également roussie par le désir qui ne cesse d'accélérer le processus d'autodestruction auquel je dois faire face. Les contours de mon corps et les rainures que forment mes veines me brûlent ardemment sous le souffle de la passion qui me court après. Celle-ci n'a de cesse de me pousser au bord du gouffre quitte à brûler le sol sur lesquels mes pieds se sont accrochés. Meurtrie par ces douleurs vives et inopinées, je sautille et me soigne par l'air ambiant – quelque peu pollué lui aussi –. Je ne comprends pas ce qui m'arrive encore une fois telle une cinéphile assistant à la projection de sa propre vie. Je regarde les scènes défiler sans pouvoir en mesurer la portée. Je suis "out off", complètement en marge de cet autre Moi qui semble m'avoir fait faux-bond et que je ne reconnais pas. J'ai beau tenter de lui faire retrouver la mémoire et de lui conter nos souvenirs communs, celui-ci se plaît à m'ignorer et à me qualifier de pauvre "rabat-joie" ! Je m'insurge mais rien n'y fait, il ne m'écoute pas, plus, d'ailleurs m'a-t-il déjà écouté un jour ? Je doute de ses origines et me questionne sur notre affiliation sans réussir à trouver la moindre réponse. Lui au dehors, je me sens coquille vide, complètement perdue, cherchant même quelque chose dont j'ignore la raison d'être. Ce n'est pas vraiment lui qui me manque mais la sincérité dont il a toujours fait preuve et ce qu'il fait de moi lorsque je suis amoureuse. Lui au creux de moi, je me laisse aller à l'éveil de mes sens même si je peine malgré tout à les maîtriser. Je fais face à la réalité sans pour autant en comprendre les fondements. Ma plume est terne ce soir comme si elle ressentait les bribes de mélancolie devenues frissons parcourant mon corps. Elle, qui d'habitude se pavane au sein des courbes manuscrites s'avère être complètement éreintée. Les racines sur lesquelles mon corps repose sont fragilisées par le MANQUE et la production de sève qui en dépend est beaucoup moins dense d'où une perte inexorable d'énergie. Ses yeux me manquent, son sourire inquisiteur et trop rare me hante ; son absence en général me pèse tant que je peine à respirer. Abattue et déchirée par le manque, je saisis au vol les quelques bulles d'oxygène qui se montrent à ma portée sans réussir toutefois à les ingérer. Je suffoque et malgré l'instinct de survie, je crains de bientôt manquer d'air.Je rêve ; Je le vois face à moi, je ne vois d'ailleurs que LUI. Ses yeux bleus me font divaguer et perdre les notions de temps et d'espace. Plus rien ne compte ; c'est comme si la vie trouvait enfin son sens. Il n'y a plus de questions, plus d'interrogations, ce n'est même pas le NÉANT mais la plénitude d'être tout simplement. Nul besoin de ces mots ou de ces gestes qui sont rarement bien interprétés. Ses yeux me parlent dans une langue que je ne me souviens pas avoir apprise mais que je maîtrise pourtant. Je me plais à interpréter chaque battement de cil, chaque frémissement de paupière, chaque mouvement furtif et coloré de l'iris. Universalité des codes du regard ou parfait déchiffrage de ma part, je ne sais lequel s'opère mais je savoure cette capacité avant de retourner à la réalité qui me happe malgré moi ...

Undomielfe*
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# Posté le lundi 22 juin 2009 17:49

Modifié le mardi 23 juin 2009 05:43

~ Machinerie sentimentale ~

~ Machinerie sentimentale ~
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Mon petit c½ur s'emballe au moindre prétexte de sentimentalité et moi avec. Dans ces rares moments, c'est notre corps dans son ensemble qui se met à dérailler telle une machine qui n'aurait pas été huilée depuis trop longtemps. On a beau avoir prévu de rentrer en révision avant que l'incident ne se produise, la séance programmée ne l'est jamais au bon moment. Bien évidemment, celle-ci se concrétise toujours trop tard car nous l'avons bien souvent oubliée et donc reportée. Mais pendant ce labs de temps, c'est toujours l'imprévu qui vient toquer à la porte et mettre la machine que nous sommes à rude épreuve. Les pièces les plus fragiles sont bien souvent celles qui deviennent le plus vite défectueuses. Certaines d'entre-elles sont parfois des pièces rapportées qui ont eu du mal à être trouvées et assemblées. C'est pourquoi nous sommes tellement réticents face à ces chocs car il faut alors en rechercher de nouvelles qui, soit dit en passant, deviennent de plus en plus rares. Il arrive cependant que le meilleur se produise ; lors de ces collisions, nous repartons avec des pièces supplémentaires qui ne sont pas les nôtres. Nous ne les avons pas volées, ce sont elles qui se sont accrochées à nous pour que leur détenteur initial nous rencontre et nous prie de bien vouloir les lui rendre. D'autres fois encore, ces pièces nous sont données par amour ou par amitié afin de rendre nos mécanismes et fonctionnements internes encore plus résistants. Dans ces cas là, difficile de refuser de tels cadeaux au risque de se mettre l'autre à dos. Mais comment accepter de le voir se mettre à nu pour nous offrir le peu qu'il possède ? Les pièces qui nous sont alors données nous rendent plus à même de profiter de la vie et nous permettent de nouveaux écarts voire de nouvelles possibilités de collisions. A ce petit jeu, certains ont le don de toujours gagner de pièces supplémentaires tandis que d'autres ne font qu'en perdre et bien involontairement ! Il ne convient alors qu'à nous de leur tendre la main en leur adressant un boulon que l'on possèderait en plusieurs exemplaires. Ou bien même une pièce qui ne nous est pas vitale mais qui est nécessaire à la survie de l'autre. C'est un peu ce jeu de la pyramide où le but est d'enlever des paliers sans que l'ensemble ne s'écroule ; donner de soi sans se faire prendre...

Undomielfe
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# Posté le vendredi 29 mai 2009 12:05

Modifié le samedi 30 mai 2009 13:45